Lettre ouverte 13 mars 2010
Saint-Marc-sur-Richelieu, terre d'Avatar …
Vous avez vu ce film? On y raconte l’invasion barbare d’un territoire et d’une population par un projet de « développement » minier venu d’ailleurs. Le scénario se répète dans notre galaxie, à Saint-Marc, comme dans tant d’autres territoires. Le Québec n’a vraiment pas « bonne mine »! On l’a vu à Sept-Îles…
Le Gouvernement du Québec encourage le développement de l’exploitation du gaz de schiste – comme on le fait en Alberta avec les sables bitumineux. Quatre millions de dollars, prélevés à même nos taxes, ont servi à financer la phase de prospection et à encourager les compagnies étrangères et canadiennes à prendre des « claims » dans la vallée du Saint-Laurent, de Montréal à Lévis. Plus de 580 permis ont été octroyés. Près de nous, des chantiers ont été mis en place et d’autres s’annoncent à Calixa-Lavallée, à Saint-Denis, à Saint-Antoine … Un chantier serait entrepris au printemps à Saint-Marc. Une invasion barbare de ces villages parmi les plus beaux du Québec!
Bien sûr se posent des problèmes liés à l’usage et à la pollution d’une quantité faramineuse d’eau qui pourrait être prise à même l’aqueduc municipal, à la pollution de l’air, à la possibilité d’odeurs soufrées et d'émanations de gaz dont le sulfure d’hydrogène (qui peut être mortel), au bruit (forage, camionnage, combustion du gaz à l’air libre), au risque d’explosion et de feux, à la « pollution nocturne » de l’éclairage de la torche, à la dégradation du paysage, à la dévaluation des propriétés et à la perte de qualité de vie. Aux États-Unis, dans l’État de New-York, l’expérience négative a mené entre autres à la cessation des opérations dans une partie de son territoire de l’une des plus grandes compagnies d’extraction de gaz de schiste, Chesapeake.
Mais au-delà de ces inquiétudes locales et régionales, se pose de façon aiguë la question des choix énergétiques au Québec, dans un projet de développement économique « durable ». Rien de « durable » ici : les puits ont une durée de vie limitée, l’environnement sera dégradé, la sécurité et la santé des populations seront mises à risque, les emplois créés seront temporaires et bien souvent délocalisés. Et quant à la dimension économique de cette filière gazière, on est en droit de se demander, à qui profitera tout cela? Et comment justifie-t-on qu’on tolère un usage industriel qui risque d’entrer en conflit avec l’agriculture et avec la nécessité de réduire les gaz à effet de serre ? Enfin, il s’agit d’une situation où la démocratie citoyenne ET représentative est totalement bafouée: la Loi ne permet pas aux municipalités et aux MRC d’interdire cet usage sur leur territoire et les citoyens n’ont aucune voix au chapitre.
Le Québec est soucieux d'innovations et d'énergie verte: allons-y entre autres du côté de la géothermie, combinée à un ensemble d'autres stratégies « vertes » comme celle des biogaz, une forme de gaz naturel qui règle des problèmes environnementaux plutôt que d’en poser. Nous avons ici le parfait gradient thermique. Jumelée entre autres à la serriculture (dans une perspective de souveraineté alimentaire), à l’efficacité énergétique et à une production d’énergie gérée par les communautés locales, cette filière nous permettrait déjà de faire un pas de géant vers les transformations énergétiques qui s’imposent. Nous pourrions être novateurs, comme on sait si bien le faire dans d’autres domaines au Québec. L’époque de la pétroculture basée sur l’exploitation des hydrocarbures est révolue : la planète s’échauffe et se met en tempêtes. L’exploitation des gaz de schiste est une grave erreur. Les citoyens informés l’ont déjà compris et s’en inquiètent vivement. Un mouvement de résistance s’est amorcé. Comme dans le cas des porcheries industrielles, du Suroît ou de la mine d’uranium à Sept-îles … Lourd fardeau pour contrer les dérives d’un ministère des Ressources naturelles et autres décideurs si mal éclairés.
Lucie Sauvé, Johanne Béliveau, Chantale Gamache, Donald Bouchard
Au nom d’un regroupement de citoyens de Saint-Marc
Visitez le blog : http://mobilisationgazdeschiste.blogspot.com
Le site web : www.mobilisationgazdeschiste.com
Le site web : www.mobilisationgazdeschiste.com
Courriel : citoyenstmarc@hotmail.com
Des pancartes sont disponibles pour les citoyens qui souhaitent afficher leur désaccord avec le projet d’exploitation des gaz de schiste.
________________________________Louis-Gilles Francoeur 24 février 2010 Actualités sur l'environnement
Le Congrès des États-Unis a lancé hier une enquête sur les impacts environnementaux potentiels de la technique d'extraction de gaz naturel à partir de schistes gazéifères, une technologie que des industriels pourraient utiliser sur toute la rive sud du Saint-Laurent après avoir obtenu de Québec, sans conditions particulières, quelque 580 permis d'exploitation.
En octobre, le gouvernement Charest annonçait qu'il investirait 4 millions dans le développement de cette technologie, dont 1,1 million pour aider les exploitants à repérer les gisements grâce à une nouvelle cartographie aérienne.
L'enquête du Congrès américain sera dirigée par deux chefs de file en environnement, soit le démocrate californien Henry Waxman, qui préside le Comité de la Chambre des représentants sur l'énergie et le commerce, et son collègue Edward Markey, responsable du sous-comité de la Chambre sur l'énergie et l'environnement. Ils sont les auteurs du premier projet de loi voté sur les changements climatiques aux États-Unis.
L'Environmental Protection Agency (EPA) avait donné le feu vert aux exploitants. Par une entente avec quatre des principaux exploitants de schistes gaziers, il avait été convenu que ces derniers n'utiliseraient pas de diesel pour fracturer le roc en profondeur afin de libérer le gaz emprisonné. Mais les recherchistes du groupe Waxman auraient découvert que les firmes B. J. Service et Halliburton ont quand même utilisé des milliers de gallons de diesel et de nombreux autres produits toxiques et cancérigènes pour extraire le gaz coincé dans les schistes. Halliburton aurait à lui seul injecté 807 000 gallons de diesel dans des puits répartis dans 15 États. Le comité de la Chambre des représentants a donc demandé aux sociétés minières qui avaient signé une entente avec l'EPA de faire rapport de tous les produits utilisés depuis quatre ans et de leurs impacts sur les nappes souterraines. Le comité a aussi envoyé une demande identique à huit autres exploitants, dont deux sociétés albertaines, Sanjet Corp. et Calfrac Well Services.
Les exploitants miniers craignent que cette enquête ne débouche sur l'imposition de normes et de redevances, ce qui pourrait ralentir, à leur avis, les investissements dans un secteur susceptible d'augmenter radicalement l'état des réserves de gaz naturel des États-Unis.
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Article de Jean-Marie Bergeron, paru dans Le Droit le 17 novembre 2009
Si on est raisonnable pour cinq sous, il faut tout de suite tuer dans l'oeuf cette idée saugrenue que le Québec devrait s'orienter vers l'exploitation des schistes gaziers. Pourquoi? Parce que c'est une production énergétique à base de combustibles fossiles aussi polluante que les sables bitumineux de l'Alberta. Ici, tout comme à cet endroit, les résidus d'extraction vont polluer irrémédiablement les nappes phréatiques mais cette fois-ci, ce sera dans des habitats densément peuplés. Les maires des municipalités impliquées et les préfets de comtés ont raison d'être inquiets. Cette forme d'exploitation émettra des millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) supplémentaires, chose que le Québec veut justement réduire. Comme nous l'écrivions dans une chronique récente, c'est le temps pour le PLQ
d'activer ses bottines au lieu de ses babines. Comment peut-on croire les propos du premier ministre Charest et de la ministre Normandeau quand ils nous disent vouloir réduire à tout prix les GES de leur province alors qu'ils encouragent leur augmentation? Entre 2006 et 2007, année du dernier relevé officiel, les GES ont augmenté de 3.8% pour s'établir à 85.7 millions de tonnes (Mt) alors qu'il faut les réduire à 80 Mt, si l'on veut respecter le protocole de Kyoto comme le premier ministre s'est engagé à le faire. Pourquoi vouloir augmenter les GES de 10% par année en exploitant des schistes gaziers alors que l'on dit au monde entier que l'on veut réduire les GES de 10 à 20% sous le niveau de 1990 d'ici 10 ans? Quelle incohérence! Supposition. Admettons que le Québec veuille développer son indépendance énergétique par rapport aux produits pétroliers et qu'il espère les remplacer par l'électricité: dans les usines qui pourraient fonctionner à l'électricité plutôt qu'au mazout, en remplaçant les voitures et camions à essence/diesel par des véhicules hybrides rechargeables ou entièrement électriques. Il est certain qu'il faudrait alors produire plus d'électricité. D'accord pour en produire plus, mais de grâce, utilisons des technologies vertes exploitant le vent et la chaleur de la terre, pas du gaz naturel à forte production carbonique! Construisons des usines de géothermie profonde dans toutes les régions du Québec, lesquelles pourraient être associées à des parcs éoliens là où les populations les accepteraient. Ainsi, ce type de développement énergétique rencontrerait les voeux de nos voisins américains au sujet de l'électricité verte d'importation et rendrait chacune des régions du Québec indépendantes au niveau énergétique. La technologie de géothermie profonde est bien maîtrisée actuellement. Les États-Unis possèdent déjà une telle usine dans les montagnes Mayacamas qui produit 890 mégawatts (MW) en puissance et 6.6 millions de MWh sur une base annuelle. Pourquoi pas ici si l'on veut vraiment développer les énergies vertes?
Ainsi, le Québec serait mieux équipé pour affronter les pénuries énergétiques qui s'annoncent, suite à l'épuisement du pétrole et des autres ressources naturelles non renouvelables. Ce serait un beau lègue aux générations futures car le vent et la chaleur de la Terre sont quasi-éternels, du moins en autant que nous entretenons en bon état de fonctionnement les appareils qui captent leur potentiel énergétique.
Les écologistes redoutent depuis toujours la sorte de copinage existant entre les hauts dirigeants d'Hydro-Québec et ceux de l'industrie pétrolière et gazière. Ce sont tous des amis qui ont été formés dans les mêmes facultés techniques et qui ne font pas de différence philosophique entre les façons de produire l'énergie, bien qu'il y en ait une énorme. Selon ma compréhension de la nature humaine, la pensée des individus est trop linéaire pour permettre à un type unique de spécialistes de développer un futur énergétique basé sur un mélange de ressources renouvelables et non renouvelables. Il faut choisir entre les deux et engager les spécialistes en conséquence. À ma connaissance, le Québec a choisi de produire son énergie avec des ressources renouvelables. Alors, ne perdons plus notre temps ailleurs. La concupiscence gazière de notre élite politique devrait être stoppée tout de suite en lui rappelant le sort du défunt projet Suroît, car c'est dans cette direction que l'on veut encore nous faire aller par chemin détourné. Harmonisons bottines et babines pour ce prochain combat qu'il va encore falloir livrer contre nos politiciens obtus.
d'activer ses bottines au lieu de ses babines. Comment peut-on croire les propos du premier ministre Charest et de la ministre Normandeau quand ils nous disent vouloir réduire à tout prix les GES de leur province alors qu'ils encouragent leur augmentation? Entre 2006 et 2007, année du dernier relevé officiel, les GES ont augmenté de 3.8% pour s'établir à 85.7 millions de tonnes (Mt) alors qu'il faut les réduire à 80 Mt, si l'on veut respecter le protocole de Kyoto comme le premier ministre s'est engagé à le faire. Pourquoi vouloir augmenter les GES de 10% par année en exploitant des schistes gaziers alors que l'on dit au monde entier que l'on veut réduire les GES de 10 à 20% sous le niveau de 1990 d'ici 10 ans? Quelle incohérence! Supposition. Admettons que le Québec veuille développer son indépendance énergétique par rapport aux produits pétroliers et qu'il espère les remplacer par l'électricité: dans les usines qui pourraient fonctionner à l'électricité plutôt qu'au mazout, en remplaçant les voitures et camions à essence/diesel par des véhicules hybrides rechargeables ou entièrement électriques. Il est certain qu'il faudrait alors produire plus d'électricité. D'accord pour en produire plus, mais de grâce, utilisons des technologies vertes exploitant le vent et la chaleur de la terre, pas du gaz naturel à forte production carbonique! Construisons des usines de géothermie profonde dans toutes les régions du Québec, lesquelles pourraient être associées à des parcs éoliens là où les populations les accepteraient. Ainsi, ce type de développement énergétique rencontrerait les voeux de nos voisins américains au sujet de l'électricité verte d'importation et rendrait chacune des régions du Québec indépendantes au niveau énergétique. La technologie de géothermie profonde est bien maîtrisée actuellement. Les États-Unis possèdent déjà une telle usine dans les montagnes Mayacamas qui produit 890 mégawatts (MW) en puissance et 6.6 millions de MWh sur une base annuelle. Pourquoi pas ici si l'on veut vraiment développer les énergies vertes?
Ainsi, le Québec serait mieux équipé pour affronter les pénuries énergétiques qui s'annoncent, suite à l'épuisement du pétrole et des autres ressources naturelles non renouvelables. Ce serait un beau lègue aux générations futures car le vent et la chaleur de la Terre sont quasi-éternels, du moins en autant que nous entretenons en bon état de fonctionnement les appareils qui captent leur potentiel énergétique.
Les écologistes redoutent depuis toujours la sorte de copinage existant entre les hauts dirigeants d'Hydro-Québec et ceux de l'industrie pétrolière et gazière. Ce sont tous des amis qui ont été formés dans les mêmes facultés techniques et qui ne font pas de différence philosophique entre les façons de produire l'énergie, bien qu'il y en ait une énorme. Selon ma compréhension de la nature humaine, la pensée des individus est trop linéaire pour permettre à un type unique de spécialistes de développer un futur énergétique basé sur un mélange de ressources renouvelables et non renouvelables. Il faut choisir entre les deux et engager les spécialistes en conséquence. À ma connaissance, le Québec a choisi de produire son énergie avec des ressources renouvelables. Alors, ne perdons plus notre temps ailleurs. La concupiscence gazière de notre élite politique devrait être stoppée tout de suite en lui rappelant le sort du défunt projet Suroît, car c'est dans cette direction que l'on veut encore nous faire aller par chemin détourné. Harmonisons bottines et babines pour ce prochain combat qu'il va encore falloir livrer contre nos politiciens obtus.
